Des “petits Breton” à la conquête de l’imaginaire collectif
Dès ses débuts, la faïence de Quimper séduit par l’authenticité de ses décors : cabochons fleuris, scènes rurales, saints et paysans, costumes traditionnels… L’image du “petit Breton”, silhouette reconnaissable à sa coiffure et à son costume, apparaît au XIXe siècle et devient son emblème. Pourtant, en coulisses, les faïenciers se réinventent sans cesse.
Au fil du temps, la faïence quimpéroise adopte de nouveaux styles, influencés par l’Art nouveau, les artistes russes de passage ou les tendances de l’entre-deux-guerres. La manufacture HB-Henriot, par exemple, collabore dès les années 1920-1930 avec des créateurs renommés comme Paul Fouillen ou Mathurin Méheut (Musée de la Faïence de Quimper).
Chiffres clés et essor industriel
- À la veille de la Première Guerre mondiale, trois grandes manufactures emploient plus de 600 ouvriers à Quimper (La Revue de l’histoire de Quimper).
- Dans les années 1930, la production annuelle dépasse 650 000 pièces.
- L’après-guerre marque l’âge d’or de la faïence avec une diffusion massive en France, mais aussi en Amérique du Nord, notamment grâce à l’émigration bretonne.
Paradoxalement, cette réussite entraîne aussi des défis : production de masse pour répondre à la demande touristique, difficulté à préserver la qualité du travail à la main, puis adaptation face à la concurrence industrielle venue d’ailleurs.