Malgré les secousses économiques du XXe siècle – déclin de l’export, multiplication des copies –, Quimper conserve un tissu d’ateliers uniques en France. Au XXIe siècle, trois noms incarnent ce patrimoine : HB-Henriot, Faïencerie d’Art Breton (FAB), et Faïencerie Keraluc.
- HB-Henriot (rue Jean-Baptiste Bousquet): fondée en 1690, après bien des péripéties et rachats récents, elle emploie aujourd’hui une quarantaine de personnes. Le site fabrique objets usuels, art de la table, faïences décoratives, et pièces d’exception sur-mesure (HB-Henriot).
- Faïencerie d’Art Breton (avenue de la France Libre): héritière de la Manufacture Porquier – elle maintient la tradition du décor peint à la main, et propose des reproductions de motifs historiques, mais aussi de nouvelles collections créées avec des artistes contemporains.
- Keraluc (aujourd’hui atelier et galerie) : fondée par Victor Lucas en 1946, elle privilégie depuis des décennies la créativité et la collaboration avec des céramistes locaux, dans un esprit moins figuratif.
Ce qui frappe, lorsqu’on visite ces ateliers, c’est le mélange de gestes inchangés et de créativité renouvelée. À chaque étape, les artisans perpétuent un geste maîtrisé, transmis parfois de génération en génération : modelage du biscuit, tournage, cuisson, émaillage au pinceau, décor au calque, signature… Chaque faïencerie possède ses propres recettes et secrets de fabrication.
- Près de 70 % de la production est encore ornée à la main, contre une automatisation quasi-totale dans d’autres bassins français.
- L’apprentissage s’effectue majoritairement sur place, en atelier, sous l’œil de céramistes aguerris.
- L’activité attire une clientèle fidèle – amateurs d’art populaire, collectionneurs et amoureux de patrimoine – mais se tourne avec enthousiasme vers de nouveaux publics (touristes de passage, entreprises désireuses de commandes sur-mesure).