Les costumes traditionnels de Quimper en Cornouaille s’imposent aujourd’hui comme l’une des images les plus éclatantes de l’identité bretonne. Longtemps portés par les habitantes et habitants au gré des saisons de la vie (fêtes, foires, processions, mariages, deuil…), ils incarnent tout un pan de la mémoire populaire, une esthétique, et même un langage social. Mais comment ces vêtements, autrefois banals, sont-ils devenus des symboles forts du patrimoine local ?
Un détour par l’histoire s’impose : c’est au XIXe siècle, dans une Bretagne marquée par une tradition textile florissante, que les costumes se structurent d’après les particularités de chaque terroir. Quimper, capitale culturelle de la Cornouaille, se distingue alors par la diversité et la richesse de ses costumes, qui varient souvent d’un quartier à l’autre.
- 1830-1900 : période d’apogée du costume bigouden et quimpérois, que l’on retrouve dans les foyers ruraux comme dans les villes.
- Dès la fin du XIXe : l’évolution industrielle et la mode urbaine commencent à supplanter le port quotidien du costume traditionnel, mais il devient alors un marqueur symbolique lors des cérémonies et fêtes.
- XXe siècle : le développement d’une conscience identitaire régionale (notamment avec la création du Festival de Cornouaille en 1923) érige le costume en véritable porte-étendard de la singularité bretonne.
Les sources issues de travaux ethnographiques (comme ceux de Jean-Michel Guilcher ou Herve Le Goff) montrent que la Cornouaille a compté jusqu’à une quarantaine de variantes locales de costumes, parfois différenciées sur seulement quelques kilomètres (Musée départemental breton).