Un jeu de lumière unique : le choix des fils
L’une des singularités majeures de la broderie bigoudène, c’est l’abondance du fil d’or ou d’argent, parfois rehaussé de soie colorée. Ce fil métallique, souvent appelé « cannetille », est cousu sur un velours noir, créant un contraste frappant et une brillance incomparable sous la lumière — une véritable fascination lors des fêtes ou des pardons.
- Le velours noir : tissu de base du costume bigouden, parfaitement adapté à la brillance des broderies.
- La cannetille d’or : fil torsadé, importé de Lyon ou plus rarement directement de fournisseurs russes, selon certains inventaires du XIXème siècle.
- La soie et le coton : utilisés pour les motifs secondaires, apportant de la couleur et de la finesse.
Des gestes qui racontent une identité locale
La technique emblématique utilisée s’appelle le « point de passé empiétant » pour remplir les grandes surfaces, mais aussi le « point de tige », sans oublier la pose délicate des paillettes (appelées ici « broglioù »). Les brodeuses travaillaient souvent dans l’ombre, mais leur savoir-faire s’est transmis oralement, par la main et par l’œil, parfois dès l’enfance. Cette technique est un véritable ballet : le fil d’or, trop fragile pour passer directement dans le tissu, est posé délicatement à la surface, puis fixé à petits points — d’où ce brillant particulier qui évolue à chaque mouvement.
Les motifs : un langage codé
- Rosaces en spirale ou en cœur
- Motifs floraux stylisés (fleurs, boutons, palmettes)
- Formes inspirées du monde marin (vagues, coquillages, « jalousies » évoquant les filets de pêche)
Chaque commune, voire chaque atelier, avait ses préférences, ce qui permettait, jadis, de deviner l’origine de la brodeuse. À Plonéour-Lanvern et Plobannalec, par exemple, la broderie est particulièrement lourde, tandis que Penmarc’h préfère la finesse et la légèreté d’exécution (Patrimoine.bzh).